La douche est la pièce de la maison qui encaisse le plus d’eau, de vapeur et de variations de température. Un carrelage mal posé, et c’est l’infiltration assurée derrière la cloison, parfois invisible pendant des mois. Beaucoup de bricoleurs se lancent en pensant qu’il suffit d’aligner des carreaux et d’étaler de la colle. La réalité demande un peu plus de méthode. Voici six conseils concrets pour poser votre carrelage de douche proprement, qu’il s’agisse des murs, du receveur ou du sol à l’italienne.
Soignez l’étanchéité avant même de penser aux carreaux
Le carrelage n’est pas étanche. Ses joints non plus, contrairement à ce qu’on imagine. La vraie barrière contre l’eau se situe sous les carreaux, dans le support. Avant de poser quoi que ce soit, appliquez un système d’étanchéité sous carrelage (SEL) : une résine ou une membrane liquide qui forme un film continu sur les murs et le sol de la zone humide. Insistez sur les angles et les raccords mur-sol avec une bande d’étanchéité dédiée. C’est l’étape que les amateurs sautent le plus souvent, et celle qui coûte le plus cher à rattraper.
Le choix du carrelage intérieur de douche compte aussi : privilégiez un grès cérame, peu poreux et résistant à l’humidité, plutôt qu’une pierre naturelle plus fragile et plus exigeante en entretien.
Vérifiez la planéité du support
Un mur qui n’est pas droit donnera un carrelage de travers, avec des joints irréguliers et des carreaux qui sonnent creux. Passez une règle de maçon sur toute la surface pour repérer les bosses et les creux. Un défaut supérieur à 5 mm sur deux mètres mérite un ragréage ou un enduit de rebouchage. Le temps passé à préparer un support plan se rattrape largement à la pose : les carreaux glissent en place, l’alignement tient tout seul.
Calculez le calepinage pour éviter les coupes ratées
Le calepinage, c’est le plan de pose. Posez vos carreaux à blanc, sans colle, pour visualiser le rendu et repérer où tomberont les coupes. L’objectif : éviter les bandeaux trop fins sur les bords, qui sont fragiles et inesthétiques. Centrez la pose sur le mur le plus visible, et reléguez les coupes dans les angles ou derrière la robinetterie. Pensez à partir d’un point bien horizontal en traçant une ligne de niveau au laser ou au cordeau.
Respectez la pente vers l’évacuation
Pour une douche à l’italienne ou un sol carrelé, la pente d’écoulement est non négociable. Comptez entre 1 et 2 cm par mètre vers la bonde. Trop faible, l’eau stagne ; trop forte, vous glissez. Cette pente se crée dans la chape ou le mortier de pose, jamais en forçant sur l’épaisseur de colle. Vérifiez régulièrement avec un niveau pendant la pose : une fois la colle sèche, il est trop tard.
Choisissez la bonne colle et la bonne technique
En zone humide, optez pour un mortier-colle classé C2 (amélioré), voire C2S pour les grands formats. Appliquez-le en double encollage : une couche sur le support, une couche au dos du carreau, surtout pour les carreaux de plus de 30 cm. Cela évite les poches d’air où l’eau pourrait s’infiltrer. Utilisez un peigne adapté à la taille du carreau, et travaillez par petites zones pour que la colle ne croûte pas avant la pose.
Soignez les joints et les angles
Attendez 24 heures avant de jointoyer. Choisissez un mortier de joint hydrofuge, et pour les angles rentrants (mur-mur, mur-sol), oubliez le mortier rigide : c’est un joint silicone sanitaire qui s’impose, car il absorbe les micro-mouvements du bâti sans fissurer.
Lissez-le proprement à l’outil ou au doigt savonneux. Un joint d’angle net et souple, c’est la différence entre une douche qui tient dix ans et une qui moisit au bout d’un.
Poser du carrelage de douche n’a rien d’insurmontable, à condition de ne pas brûler les étapes.
L’étanchéité et la préparation du support font 80 % du résultat, même si elles ne se voient pas une fois les carreaux posés.
Si vous hésitez sur le système d’étanchéité ou la pente, prenez le temps de faire un essai à blanc avant la pose définitive. C’est toujours moins coûteux qu’une reprise complète.